
Taxes et taxis au Congo : ce que dit la loi de finances 2026
À Brazzaville comme à Pointe-Noire, le taxi est bien plus qu'un simple moyen de transport : c'est un secteur d'activité qui fait vivre des milliers de familles. Pourtant, rares sont les chauffeurs qui connaissent précisément leurs droits et obligations vis-à-vis du fisc.
La loi de finances pour l'année 2026, adoptée en conseil des ministres, apporte des précisions importantes. Entre exonérations maintenues et nouvelles obligations administratives, Prisme 242 fait le point.
La bonne nouvelle : les taxis restent exonérés de la taxe de roulage
La taxe de roulage est un prélèvement annuel dû par tout propriétaire de véhicule motorisé circulant sur le territoire congolais.
Son montant varie selon la puissance du véhicule : de 12 000 FCFA pour les voitures de faible cylindrée (0 à 5 CV) jusqu'à 100 000 FCFA pour les véhicules les plus puissants (31 CV et plus), taxe de stationnement incluse.
Bonne nouvelle pour les professionnels du transport urbain : selon l'article 4 des dispositions relatives à la taxe de roulage dans le PLF 2026, les taxis, taxis-bus, bus et taxis-motos sont explicitement exonérés de cette taxe.
Cette exonération, reconduite dans la loi de finances 2026, reconnaît le rôle social essentiel de ces acteurs dans la mobilité urbaine congolaise.
Concrètement, un chauffeur de taxi n'a donc pas à s'acquitter de la taxe de roulage annuelle, contrairement à un particulier qui posséderait un véhicule de même puissance. C'est un avantage fiscal non négligeable, surtout dans un contexte de vie chère.
Attention : l'exonération ne dispense pas de toutes les taxes
Si la taxe de roulage ne s'applique pas aux taxis, il ne faut pas confondre cette exonération avec une exemption fiscale totale. D'autres frais et taxes restent dus, notamment :
Les frais d'établissement du certificat de vente lors de l'acquisition d'un véhicule neuf, rénové ou d'occasion : 20 000 FCFA, répartis entre le Trésor (25 %), la Sécurité routière (50 %) et la Mairie (25 %).
Les frais de réservation d'un numéro d'immatriculation : 100 000 FCFA, à payer en une seule fois.
Les autres frais administratifs liés au secteur des transports terrestres, dont les points 1 à 5 et 7 à 26 du tableau de tarification sont maintenus sans changement en 2026.
Le fichier national des contribuables : une nouveauté qui concerne aussi les chauffeurs de taxi
La loi de finances 2026 introduit une mesure structurelle majeure : la création d'un fichier national des contribuables.
Tout contribuable est désormais tenu de s'y inscrire pour bénéficier des avantages fiscaux accordés aux personnes à jour de leurs obligations.
Or, un chauffeur de taxi exerçant à titre individuel est bien un contribuable au sens de la loi, dès lors qu'il réalise une activité commerciale ou de services. L'inscription est gratuite et peut se faire via une plateforme électronique ou directement auprès des services des impôts compétents.
Ne pas figurer dans ce fichier pourrait, à terme, priver le chauffeur de certains avantages fiscaux ou compliquer ses démarches administratives. C'est donc une formalité à ne pas négliger, même pour les travailleurs indépendants du secteur informel qui souhaiteraient régulariser leur situation.
Quel régime fiscal pour un chauffeur de taxi indépendant ?
Au-delà de la taxe de roulage, la question du régime d'imposition sur les revenus se pose pour tout chauffeur exerçant de façon indépendante. En République du Congo, une personne physique exerçant une activité commerciale ou de services à titre individuel relève en principe de la catégorie des Bénéfices Industriels, Commerciaux et Artisanaux (BICA) au titre de l'Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP).
Selon le niveau de chiffre d'affaires, le chauffeur peut être soumis au régime réel simplifié ou au régime de la très petite entreprise. Dans la pratique, beaucoup de chauffeurs de taxi opèrent encore dans l'informalité, sans numéro fiscal ni déclaration de revenus. La création du fichier national des contribuables s'inscrit précisément dans la volonté de l'administration de structurer ce secteur et d'élargir l'assiette fiscale.
Le cas particulier des taxis-motos
Les taxis-motos communément appelés moto-taxis bénéficient de la même exonération de taxe de roulage que les taxis classiques. Pour rappel, les scooters et motos non utilisés à titre commercial sont soumis à une taxe de roulage de 3 000 FCFA par an. Pour les exploitants de moto-taxi, cette exemption représente donc un allègement concret, même modeste.
Ce qu'il faut retenir en pratique
Pour un chauffeur de taxi ou de moto-taxi à Brazzaville ou Pointe-Noire, voici les points essentiels à retenir de la loi de finances 2026 :
Vous êtes exonéré de la taxe de roulage annuelle : pas besoin de la payer, quelle que soit la puissance de votre véhicule.
Vous devez vous acquitter des frais administratifs liés à l'achat, à l'immatriculation et à l'autorisation de circuler en tant que taxi.
Vous êtes désormais invité à vous inscrire dans le fichier national des contribuables pour sécuriser votre situation fiscale.
Si vous dégagez un revenu régulier, vous pouvez être assujetti à l'IRPP catégorie BICA : renseignez-vous auprès du bureau des impôts de votre arrondissement.
La fiscalité du transport urbain au Congo reste un sujet complexe, à la croisée de la politique sociale et des impératifs de recettes publiques. L'exonération de la taxe de roulage pour les taxis est un signal positif envoyé à ce secteur. Mais pour que les chauffeurs puissent pleinement bénéficier de leurs droits et éviter tout risque de redressement la formalisation de leur activité reste une étape incontournable. Prisme 242 continuera de suivre l'évolution de ce cadre fiscal pour vous tenir informés.
Sources : Projet de Loi de Finances 2026, République du Congo Version du 7 octobre, Conseil des ministres.

