Qui est exonéré d'impôt sur les sociétés au Congo en 2026 ?
Vous gérez une coopérative agricole, une association sportive ou une collectivité locale en République du Congo ? Vous vous demandez si votre structure est redevable de l'impôt sur les sociétés (IS) ? La réponse se trouve dans l'article 3 du Code Général des Impôts (CGI), tel que modifié par le Projet de Loi de Finances 2026. Ce texte dresse la liste exhaustive des entités légalement dispensées de cet impôt. Voici ce que vous devez savoir.
Pourquoi certaines structures sont exonérées d'IS au Congo ?
L'impôt sur les sociétés (IS) frappe en principe tous les bénéfices réalisés par les personnes morales exerçant une activité lucrative sur le territoire congolais. Mais le législateur a prévu des exceptions, motivées par des considérations d'intérêt général, de développement économique ou de nature institutionnelle. Ces exonérations ne sont pas un avantage arbitraire : elles sont strictement encadrées par la loi et ne peuvent être accordées en dehors du cadre légal. Depuis le 1er janvier 2026, le CGI rappelle d'ailleurs fermement qu'aucune exonération conventionnelle d'IS ne peut être accordée ni renouvelée en dehors des dispositions prévues par la Charte des investissements.
La liste officielle des entités exonérées d'impôt sur les sociétés
L'article 3 du CGI Congo 2026 énumère avec précision les structures dispensées de l'IS. On distingue deux grandes familles : les institutions à vocation régionale ou publique, et les entités à caractère social, économique ou civique.
Les institutions régionales et publiques
Deux institutions financières régionales bénéficient d'une exonération totale dans le cadre des accords communautaires CEMAC :
La Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC)
La Banque de Développement des États de l'Afrique Centrale (BDEAC)
Par ailleurs, les collectivités locales (mairies, conseils départementaux) ainsi que leurs régies de services publics sont également exonérées, en raison de leur mission d'intérêt général non lucrative.
Les coopératives, associations et organismes à vocation sociale
Le CGI étend l'exonération à plusieurs catégories d'entités à but non lucratif ou d'utilité collective :
Les sociétés coopératives agricoles (production, transformation, conservation, vente) et leurs unions, à condition qu'elles fonctionnent selon leurs statuts et revêtent la forme civile.
Les caisses de crédit agricole mutuel, qui jouent un rôle clé dans le financement des petits exploitants ruraux.
Les associations sans but lucratif organisant des foires, expositions, réunions sportives ou manifestations publiques en partenariat avec les communes ou organismes publics locaux, dès lors que ces événements présentent un intérêt économique ou social certain.
Les sociétés ou organismes reconnus d'utilité publique chargés du développement rural.
Les structures professionnelles et civiles
Trois catégories de structures à caractère professionnel ou civil échappent également à l'IS :
Les groupements d'intérêt économique (GIE) : leurs membres restent toutefois imposés à titre individuel sur leur quote-part de bénéfices.
Les sociétés civiles professionnelles (SCP) : regroupant des professions libérales réglementées (avocats, médecins, experts-comptables, etc.).
Les centres de gestion agréés, qui accompagnent les PME dans leur gestion comptable et fiscale.
Le secteur agricole au sens large
C'est l'une des exonérations les plus larges du dispositif : les bénéfices réalisés par les entreprises d'exploitation agricole au sens large sont totalement exonérés d'IS. Cette notion englobe l'agriculture proprement dite, mais aussi la pêche continentale et l'élevage. Il s'agit d'un signal fort en faveur du développement du secteur primaire congolais, souvent sous-capitalisé.
Un point d'attention majeur : la fin des exonérations conventionnelles
Le PLF 2026 introduit une disposition nouvelle et significative : à compter du 1er janvier 2026, il n'est plus possible d'accorder ou de renouveler des exonérations d'IS par voie conventionnelle. Autrement dit, les contrats ou conventions signés entre l'État et des entreprises privées ne peuvent plus servir de base légale pour obtenir une dispense d'impôt sur les sociétés.
Toute exonération qui ne respecte pas les dispositions du CGI est désormais assimilée à une aide publique interdite. L'État est même invité à renégocier les conventions existantes qui prévoiraient de tels avantages. Cette mesure vise à mettre fin à des pratiques qui créaient des distorsions de concurrence entre les entreprises et fragilisaient les recettes fiscales de l'État.
La seule porte de sortie légale reste la Charte des investissements, qui prévoit des avantages fiscaux encadrés pour les projets structurants et agréés par les autorités compétentes.
Et le crédit d'impôt pour investissement : une alternative aux exonérations
Pour accompagner les entreprises sans recourir aux exonérations totales, le PLF 2026 consolide le mécanisme du crédit d'impôt pour investissement (article 3A du CGI). Ce dispositif permet à une entreprise imposable de déduire jusqu'à 15% du montant de ses investissements (matériels, outillages, bâtiments industriels ou commerciaux) directement sur son IS. L'excédent non imputé est reportable sur cinq ans, mais non remboursable. Ce mécanisme est limité dans le temps par une clause dite "crépuscule" : il expire automatiquement au plus tard cinq ans après son introduction.
Ce que cela signifie concrètement pour vous
Si vous dirigez ou envisagez de créer l'une des structures listées ci-dessus, voici les points essentiels à retenir :
L'exonération d'IS est automatique dès lors que votre structure correspond à l'une des catégories légales. Elle ne nécessite pas de demande préalable, mais implique de respecter les conditions statutaires et fonctionnelles prévues par la loi.
Les membres d'un GIE, d'une SCP ou d'un centre de gestion agréé restent imposés personnellement sur leur part de bénéfices, même si la structure elle-même est exonérée.
Si votre structure bénéficiait d'une exonération conventionnelle, celle-ci ne peut plus être renouvelée depuis le 1er janvier 2026. Il est conseillé de consulter un conseiller fiscal ou un avocat spécialisé pour examiner votre situation.
La fiscalité congolaise évolue : la tendance est clairement à la réduction des avantages fiscaux discrétionnaires au profit d'un régime plus transparent et unifié. Comprendre ces règles est aujourd'hui indispensable pour tout porteur

