La fermeture des banques en RDC : un impact humanitaire alarmant dans l'est
AFP / RFI
Afrique 3 min de lecture

La fermeture des banques en RDC : un impact humanitaire alarmant dans l'est

27 avril 2026Rédaction Congo Business

Dans l'est de la République Démocratique du Congo (RDC), la fermeture des banques dans les zones contrôlées par le mouvement rebelle Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFC/M23) a déclenché une crise financière majeure. Cette décision, justifiée par le gouvernement congolais de Kinshasa pour protéger les épargnants et affaiblir la rébellion, a des conséquences dramatiques sur l'économie locale et la vie quotidienne des habitants.

Une décision controversée du gouvernement congolais

Depuis plusieurs mois, les banques des zones contrôlées par l'AFC/M23 restent inaccessibles, mettant ainsi en péril les moyens de subsistance de nombreuses familles. Selon les autorités, la fermeture est une mesure de sécurité visant à couper les ressources financières du groupe rebelle. Cependant, cette mesure a un coût humanitaire direct, comme le souligne le rapport annuel 2025 du Programme Alimentaire Mondial (PAM).

Les conséquences économiques sur les populations locales

La fermeture des banques a eu pour effet immédiat de priver des milliers de personnes de leurs économies et de l'accès à des services financiers essentiels. Les commerçants, qui dépendent des transactions bancaires pour gérer leur activité, se retrouvent bloqués. « Les gens ne peuvent plus retirer d'argent pour acheter des denrées alimentaires, et cela affecte directement notre marché », déclare un commerçant local. Avec des banques fermées, les circuits économiques s'effondrent, exacerbant la crise alimentaire déjà présente dans la région.

Le PAM intervient pour atténuer la crise

Face à cette situation alarmante, le PAM a décidé d'agir. L'agence des Nations Unies prévoit d'apporter des devises aux commerces afin de relancer l'activité économique. « Nous devons garantir que les communautés aient accès à des ressources financières pour répondre à leurs besoins alimentaires », a déclaré un représentant du PAM. Cette initiative vise à soutenir les petits commerçants et à éviter un effondrement total de l'économie locale.

Un coût humanitaire inacceptable

Les conséquences de la fermeture des banques vont bien au-delà des simples difficultés économiques. Le rapport du PAM met également en lumière un coût humanitaire inacceptable. Dans une région où la sécurité alimentaire est déjà précaire, la rupture des chaînes d'approvisionnement alimentaires pourrait entraîner une aggravation de la malnutrition et des maladies. « Nous risquons de voir une augmentation des cas de malnutrition aiguë chez les enfants », avertit le rapport.

Des solutions à long terme nécessaires

Pour éviter que cette crise ne devienne encore plus catastrophique, il est impératif que le gouvernement congolais reconsidère sa stratégie. La fermeture des banques, bien que justifiée par des raisons de sécurité, doit être accompagnée de mesures alternatives pour protéger les populations vulnérables. Des solutions à long terme, telles que la mise en place de mécanismes de soutien économique et de sécurité alimentaire, doivent être envisagées pour garantir la stabilité de la région.

Appel à la communauté internationale

Enfin, la communauté internationale doit également s'impliquer. Le soutien financier et humanitaire est crucial pour aider les populations touchées par cette crise. Les organisations internationales et les pays partenaires doivent se mobiliser pour apporter une aide d'urgence et faciliter l'accès aux ressources nécessaires. « Nous avons besoin de l'aide de tous pour surmonter cette situation », conclut un habitant de la région, en appelant à une solidarité internationale.

En somme, la fermeture des banques dans l'est de la RDC ne doit pas être perçue uniquement comme une mesure de sécurité, mais comme un enjeu humanitaire majeur qui nécessite une attention immédiate et des actions concrètes. La vie de milliers de personnes en dépend.

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